Nutrition & hydratation

Vitamine D et tennis : as-tu vraiment besoin d'en prendre ?

Près d'un sportif sur deux manque de vitamine D — surtout l'hiver.

· Lecture : 3 min · sources en bas de page

« La vitamine D, c’est un truc pour les personnes âgées et leurs os fragiles. Toi t’es jeune et tu joues dehors, t’en as pas besoin. »

Celle-là, tu l’as sûrement entendue au club, entre deux services. Sauf que le soleil de la région ne suffit pas toute l’année, et que cette petite vitamine s’occupe d’autre chose que des os de mamie.

Ce qu’on se raconte entre deux échanges

Le raisonnement paraît logique : tu es jeune, tu bouges, tu joues souvent en plein air, donc ta peau fabrique tout ce qu’il te faut. La vitamine D serait une affaire de seniors et de fractures, pas de joueurs de tennis en pleine forme.

Le hic, c’est que ta peau ne produit de la vitamine D que sous un soleil assez fort — les fameux rayons UVB. Dès l’automne et jusqu’au printemps, sous nos latitudes, ce soleil est trop bas pour que ça marche vraiment. Ajoute la crème solaire, les entraînements en salle, les matchs en fin de journée, et la petite usine à vitamine D tourne au ralenti pendant des mois.

Ce que révèle une prise de sang

Quand les chercheurs dosent réellement les sportifs, le mythe s’effondre. Les grandes revues, comme la méta-analyse de Farrokhyar, retrouvent qu’environ un sportif sur deux est bas en vitamine D — et bien plus l’hiver ou pour ceux qui jouent surtout en salle.

Trois barres comparant la part de sportifs en manque de vitamine D : environ un sur deux en général, davantage en hiver ou en salle, bien moins l'été au soleil

Et cette vitamine ne se contente pas de solidifier le squelette. Elle joue sur deux fronts qui te concernent directement :

  • L’os, en aidant ton corps à fixer le calcium. Un os solide encaisse mieux les impacts répétés des appuis et des sauts — le même terrain qui, mal préparé, mène à des soucis comme le tennis elbow et ses vraies origines.
  • Le muscle, car la vitamine D participe à sa force et à sa fonction. Quand on part d’un vrai manque, la corriger aide à retrouver de la puissance dans les appuis, celle qui nourrit tes sprints courts et ta vitesse de démarrage.

Attention : ça ne veut pas dire qu’en avaler plus te rendra plus fort. Le gain n’existe que si tu étais carencé au départ. Au-dessus d’un taux correct, le corps n’en fait rien de plus.

Réglette du taux de vitamine D dans le sang, la 25(OH)D en nanogrammes par millilitre : zone manque en dessous de 20, zone limite entre 20 et 30, zone correcte au-delà de 30

Alors, tu files à la pharmacie ou pas ?

Verdict nuancé : le manque est réel et fréquent, mais la solution n’est pas d’avaler des gélules au hasard. Tout se joue sur un chiffre, ton taux sanguin de 25(OH)D, qu’un simple dosage prescrit par un médecin révèle.

Concrètement :

  • Tu ne sais pas où tu en es ? Demande un dosage, surtout en fin d’hiver ou si tu joues beaucoup en salle. C’est la seule vraie réponse.
  • Ton taux est bas ? On corrige, à la dose que le médecin indique. Comme pour la caféine et sa fourchette précise, c’est la juste quantité qui compte, pas le maximum.
  • Ton taux est déjà correct ? Range le flacon. La vitamine D se stocke dans le corps, et trop en prendre trop longtemps peut devenir toxique.

Bref : la vitamine D n’est ni un gadget pour seniors ni un booster de performance. C’est un réglage de fond — un test, un avis médical, et tu ajustes.

Questions fréquentes

Un jeune joueur de tennis qui s'entraîne dehors peut-il manquer de vitamine D ?

Oui, ça arrive plus souvent qu'on ne l'imagine. Jouer dehors l'été aide beaucoup, mais dès l'automne le soleil devient trop faible sous nos latitudes pour que la peau en fabrique assez. Crème solaire, peau couverte, entraînements en salle ou en fin de journée réduisent encore la synthèse. Résultat : même un sportif jeune et actif peut se retrouver bas en hiver. Seul un dosage sanguin permet de le savoir.

La vitamine D rend-elle plus fort ou plus performant ?

Elle ne transforme pas un joueur moyen en champion. En revanche, quand on part d'un vrai manque, la corriger aide la force et la fonction musculaire à revenir à la normale, et soutient la solidité des os. Autrement dit, le bénéfice existe surtout si tu étais carencé au départ. Si ton taux est déjà correct, en avaler plus n'ajoute rien de mesuré.

Faut-il prendre des gélules de vitamine D pour jouer au tennis ?

Pas à l'aveugle. La bonne démarche, c'est d'abord un dosage sanguin prescrit par un médecin, puis une supplémentation seulement si le taux est bas, à la dose qu'il indique. La vitamine D se stocke dans le corps, donc en prendre trop et trop longtemps sans contrôle peut devenir toxique. Un test, un avis médical, et on ajuste : c'est tout.

Sources scientifiques

  1. Farrokhyar F. et al. — « Prevalence of Vitamin D Inadequacy in Athletes: A Systematic-Review and Meta-Analysis », Sports Medicine, 2015, 45(3):365-378 — Environ 56 % des sportifs présentent un taux de vitamine D insuffisant (méta-analyse, seuil <32 ng/mL), avec un risque nettement plus élevé en hiver/printemps (RR 1,85) et pour les sports en salle (RR 1,19).
  2. Ogan D. & Pritchett K. — « Vitamin D and the Athlete: Risks, Recommendations, and Benefits », Nutrients, 2013, 5(6):1856-1868 — La vitamine D intervient dans la santé osseuse et la fonction musculaire ; corriger une carence peut soutenir la force musculaire, et l'évaluation du taux de 25(OH)D est recommandée chez les sportifs à risque (l'effet direct sur la performance n'est pas démontré).
  3. Close G.L. et al. — « Assessment of vitamin D concentration in non-supplemented professional athletes and healthy adults during the winter months in the UK: implications for skeletal muscle function », Journal of Sports Sciences, 2013, 31(4):344-353 — Un taux bas de vitamine D, fréquent chez les athlètes non supplémentés durant l'hiver au Royaume-Uni, est lié à la fonction du muscle squelettique ; la synthèse cutanée dépend de l'exposition solaire (UVB), très réduite en hiver aux latitudes tempérées.

Notre règle : chaque carte s'appuie sur des travaux publiés. Si un chiffre est un ordre de grandeur (il varie selon les études), on te le dit dans le texte.

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